La pensée et le stage involutif de l’ego
De tout temps, l’ego se fie sur sa pensée pour survivre et essayer de figurer des moyens plus subtils de survie pour finalement aboutir à se demander ce qu’est la vie. Il se pose toutes sortes de questions, toujours plus psychologiques les unes que les autres, pour en arriver perpétuellement au même point, c’est-à-dire là où il est aujourd’hui, dans la mélasse de la pensée moderne qui est en fait très peu différente de ce qu’elle était il y a des millénaires.
L’ego doit réaliser qu’il est arrivé à bon port sans le savoir! Malgré sa quasi-inconscience totale, il est tout de même parvenu à réaliser qu’il est dans la grosse mélasse très épaisse de la cargaison d’un bateau sur lequel il vogue depuis les temps les plus reculés. C’est cette cargaison ou sa conscience dualiste qui a créé sa faculté de penser, c’est-à-dire ce qui le différencie de l’animal : la faculté qui lui a permis depuis ce temps de pouvoir discerner le bien du mal, le vrai du faux, etc. En d’autres mots, ce qui a créé ses difficultés actuelles, sa faculté de polariser la forme, c’est-à-dire la programmation psychologique dualiste qui le chevauche.
Certains ego en conscience, encore reculés dans le temps et prisonniers de celui-ci, perdurent tout de même à croire les contes des mille et une nuits racontés depuis toujours à travers des formes de haut niveau spirituel.
Ces croyances morbides qu’à l’ego de s’imaginer qu’après sa mort physique il sera accueilli par les anges du paradis ou encore mieux, par les sept vierges prêtes à tout pour lui plaire ou quelque réincarnation de ce qu’il perçoit de lui-même, perdurent encore de nos jours et sont en voie de créer sur cette planète, un chaos comme il n’y en a jamais eu auparavant. Ces derniers soubresauts de la croyance spirituelle seront probablement de taille, et d’ailleurs nous en avons déjà eu un bref aperçu il n’y a pas très longtemps avec la destruction des deux tours.
Le barbarisme d’antan revient avec force par le biais du dernier souffle de la pensée involutive animalisée et de ses effets dévastateurs individuels et collectifs sur cette planète.
La pensée crée ces situations chez l’ego car il est parvenu à un stage involutif qui le rend impuissant à réaliser que cette situation est entièrement créée à son insu par une programmation qui lui insuffle cette pensée dans son mental.
L’ego doit réaliser une fois pour toutes qu’absolument tout ce qu’il croit penser provient de la même source polarisée qui l'englobe. Sans cette prise de conscience primaire, il ne peut réaliser l’ampleur de son assujettissement à cette programmation qui lui dicte à son insu une marche à suivre de survie qui avait certes une certaine valeur dans des temps plus primitifs et barbares, mais qui n’est plus viable aujourd’hui.
L’ego doit réaliser que la pensée qui trotte en lui est entièrement insufflée, suggérée et donc indirectement créée par l’influence de la programmation qui le chevauche. Il doit reconnaître qu’il est lié à une mémoire qui n’est de lui qu’en fonction de son lien émotionnel avec la mémoire collective polarisée qui meuble entièrement cette programmation.
Toute pensée qui est insufflée par cette programmation est involutive, donc polarisée. La pensée nouvelle, créative, c'est-à-dire celle qui est créée à partir d’une « mentation » un état d’esprit libre de cette programmation polarisée provient donc de lui et par lui, mais tant et aussi longtemps qu’il n’a pas vécu un processus de dépolarisation suffisant, il ne peut reconnaître une pensée subjective d’une « pensée » vibratoire objective et dépolarisée. Il doit réaliser que tant qu’il demeure polarisé dans son mental, malgré toutes ses prouesses intellectuelles, il sera impuissant à reconnaître une pensée subjective d’une « pensée » créative.
Les pensées subjectives sont liées émotionnellement à la forme, tandis que les « pensées » vibratoires utilisent la forme pour se véhiculer. Celles-ci proviennent éventuellement de l’expérientiel vibratoire qui n’est vécu qu’au moment où l’ego réussit à neutraliser les effets que cette programmation a sur lui, c'est-à-dire d’une mémoire vibratoire dépolarisée, dite éthérique.
Lorsqu’il aura réalisé et commencé à intégrer ceci, il utilisera sa faculté mentale d’une autre façon, c'est-à-dire à partir d’une observation libre des effets de la polarité : une observation purement objective et entièrement libre de la polarité. En d’autres mots, il sera suffisamment affranchi pour être en mesure d’utiliser la forme afin de canaliser ce qu’il perçoit ou la recevoir en absorbant cette vibration au lieu de figer immédiatement celle-ci en s’y attachant émotionnellement.
L’ego doit réaliser qu’il a déjà les aptitudes nécessaires pour vivre cette expérience. La seule chose qui lui en empêche, c’est la programmation polarisée qu’il doit d’abord neutraliser pour en avoir pleinement accès.
En fait, il n’y a rien à comprendre que de réaliser qu’il doit parvenir à juguler, neutraliser cette programmation pour avoir finalement accès à ce qui lui est du depuis longtemps, c'est à dire, la réalité qu’il perçoit de façon voilée depuis toujours.
Charles Sabourin