Le mythe de l’instruction
Puisque l’ego est habitué, pour ne pas dire soumis à la conscience psychologique polarisée qui le chevauche, il a une très grande tendance à s’accrocher à la forme de toute instruction. Étant impuissant à observer sur le plan vibratoire à cause de la myopie chronique créée par son inexpérience, donc, d’une conscience insuffisante de cette dimension de sa réalité, il s’accroche à ce qu’il connaît, c’est-à-dire aux formes qui sont véhiculées par ceux qui transmettent cette vibration, au lieu d’absorber l’essence vibratoire du message.
Toute instruction mise à la disposition a tendance à être interprétée par la programmation de celui qui reçoit cette instruction. Les formes que prend cette instruction, ne sont en réalité qu’un véhicule à la vibration qu’il transmet. Penser ou croire être celui qui est le seul gardien et l’autorité sur les formes que peuvent prendre cette instruction est la meilleure façon d’altérer, de diminuer ou de neutraliser le message vibratoire de celui qui instruit.
Ceci fait partie du processus psychologique de la croyance ou de l’attachement émotif à ces formes et, surtout et non le moindre, à celui qui véhiculait cette instruction. Ce n’est pas la forme de ce dont il est dit, ni celui qui le dit qui est important, mais la vibration, la réalité qu’elle définit vibratoirement, c’est-à-dire ce qu’il y a derrière.
Toute instruction est totalement individualisée : elle est la perception plus ou moins grande de la forme que véhicule la vibration à travers les filtres de l’ego, selon le l’épaisseur des voiles créés par la programmation active ou inactive de l’ego qui l’absorbe.
Lorsqu’un individu communique une instruction sur la nature de la réalité, il essaie de transmettre les principes de cette conscience du réel à d’autres individus, pour leur permettre éventuellement de s’affranchir de la nature de cette réalité. La perception de cette réalité étant vibratoire, il ne peut que transmettre les principes de cette réalité à travers des formes qu’il utilise consciemment pour créer l’impact ou la résonance chez les individus qui sont à même de capter la vibration de cette réalité.
Vouloir s’approprier de la forme d’une instruction ou plutôt de la forme que prend la créativité d’un autre individu, tient plus du fait de copier-coller et d’un problème de dévalorisation personnel que de vouloir en apparence, préserver le message ou la forme véhiculée par celui qui instruit.
Les individus qui ont ce genre de comportement psychologique astralisent, sans le savoir, toute l’essence du message transmis et freinent leur propre évolution.
Il s’agit ici d'une récupération psychologique de la forme, énergisée par une insuffisance créative et créée par un désajustement de l’ego qui filtre tout ce qu’il entend à travers la programmation de la conscience polarisée qui l’englobe.
Ces croyances peuvent parfois déclencher un certain délire mystique de l’ego qui peut prendre une trop grande place dans la vie de celui-ci et déclenche automatiquement ce que l’on appelle communément une initiation; convoyant avec elle une souffrance proportionnelle à l’attachement émotif à la forme de cette instruction ainsi qu’à l’instructeur.
Charles Sabourin