L’impression de conscience
Il est fascinant de voir à quel point l’ego polarisé se donne l’impression qu’il est conscient. Il vous dit qu’il est conscient de ce qui se passe tout en étant la victime de ce qui se passe. Autrement dit, il dit avoir vu le trou, tomber dedans jusqu’au fond et dire à ce moment, qu’il en avait conscience. Faut le faire; ceci est la nette différence entre la philosophie et la conscience du réel; c’est à dire, la capacité de distinguer entre les deux, en d’autres mots, entre une conscience encore polarisée et une métaconscience.
Vouloir, à ce point persuader l’ego qu’il n’est pas réellement conscient du trou, est aussi futile que demander à un aveugle d’aider un enfant à traverser une rue très achalandée un vendredi en fin de journée.
L’ego doit en arriver un jour à appeler un chat, un chat. Ce n’est pas parce qu’il croit savoir psychologiquement qu’il y a un trou et qu’il tombe dedans la tête la première (et en conscience...) qu’il est réellement conscient de ce qui se passe. Autrement dit, les discours et la connaissance sur la conscience ou la supraconscience ne servent qu’à philosopher et à spéculer, et ce, tant et aussi longtemps que l'ego n’est pas prêt à prendre la responsabilité de ses actions comme étant la résultante de la teneur qualitative de sa conscience.
Évoluer veut dire progresser, changer, se transmuter à autre chose et être en perpétuel mouvement.
Alors, l’ego a beau savoir que l’esprit soit ceci ou cela, ou ce qu’est un être ascendant ou descendant, ceci ne ne le fait pas plus s'ajuster au réel. L’intelligence réelle est celle qui permet à l’ego d‘être confortable dans sa peau et totalement intégré. L’autre sorte d’intelligence virtuelle, ne sert qu’à retarder l’ego, en créant une résistance qui l’empêche de s’ajuster au réel.
Plus l'ego avance dans la connaissance virtuelle et colorée de la réalité, plus il retarde l’échéance de son intégration avec celle-ci. Finalement, s’il est un tant soit peu réellement évolué, il se questionne à savoir pourquoi il est toujours au fond du trou qu’il croyait avoir vu. À partir de ce moment, il commence à se situer réellement au niveau de sa conscience, pour commencer à s’en sortir au lieu d’essayer de se convaincre, du fond du trou, qu’il a l’impression de l’avoir déjà vu!
Charles Sabourin